
La transparence et la vie municipale vécue par des élus et un collectif citoyen à Carnoux-en-Provence (13470)
Des délégations de service public qui interrogent
Grande première pour ce conseil municipal de rentrée, six mois après les élections municipales : un des engagements de campagne du maire est enfin tenu ! Il s’agissait de filmer les séances du conseil municipal pour les rendre plus facilement accessibles à tous les Carnussiens qui s’intéressent à la gestion de leur commune, au-delà des 8 spectateurs qui avaient fait le déplacement ce soir pour assister aux débats dans la salle de l’hôtel de ville.
Une transparence qui progresse
La vidéo qui retranscrit la séance est accessible à tous, curieusement non pas sur le site officiel de la Ville de Carnoux-en-Provence, mais sur le compte Facebook de la commune. Un choix plutôt étrange mais qui traduit en tout cas un appréciable souci de transparence qui permettra peut-être aux habitants de Carnoux d’être ainsi tenus mieux informés des affaires publiques de leur commune.
Cette transparence s’étend également aux informations transmises suite au porté à connaissance des décisions prises par le Maire depuis le dernier conseil municipal et qui sont simplement communiquées pour information aux autres élus. On apprend ainsi que le coût total des festivités organisées à l’occasion du 60e anniversaire de la création de la commune, y compris le spectacle de rue qui a eu lieu lors des Journées du patrimoine, aura coûté 73 000 €, avec des demandes de subventions adressées au Département et à la Région, toujours en attente de réponse. Près de la moitié de cette somme a été versée à la société ALG Spectacle, dirigée par Gérard Pressoir, pour l’organisation du concert qui avait eu lieu le 29 août en soirée, avec la participation du groupe Cocktail de nuit.
Elle trouve néanmoins ses limites dans le débat inscrit à l’ordre du jour de ce conseil municipal, supposé porter sur les modalités de participation de la commune à la protection sociale complémentaire des agents municipaux. Mais de débat il n’y aura pas. Il s’agit d’un simple porté à connaissance des décisions qui ont déjà été entérinées et mises en œuvre, avec l’accord préalable des intéressés, nous est-il affirmé : nous voilà rassurés !
L’ARTEA et le centre culturel toujours en délégations de service public
Il est question également en séance du renouvellement de la délégation de service public (DSP) pour la gestion de la crèche municipale, désormais confiée depuis janvier 2022 au groupe La Mutualité française. Une DSP en bonne et due forme, pour laquelle la commune loue les locaux au délégataire, fixe le cahier des charges des prestations attendues, lui verse une subvention forfaitaire et laisse ensuite le délégataire assumer tous les risques de l’exploitation comme il se doit. Une exploitation qui est tout sauf un long fleuve tranquille, avec notamment un incendie accidentel à gérer, des aides financières à négocier auprès de la CAF et le Département, et de grosses difficultés de recrutement et de fidélisation du personnel spécialisé, auxquels tous les établissements de ce type font désormais face. Mais une mission dont l’équipe en place s’est remarquablement acquittée et a su rendre compte au travers de bilans annuels très étayés.
On pourrait difficilement en dire autant pour les deux autres DSP confiées par la commune à deux sociétés privées, toutes les deux dirigées par le même Gérard Pressoir et dont les rapports annuels jusqu’en juin 2025 (il y a plus d’un an déjà !) sont aujourd’hui portés à la connaissance du conseil municipal. Des rapports assez indigents, riches en coupures de presse mais très pauvres en informations précises quant à la gestion comptable de ces deux établissements culturels qui appartiennent à la collectivité mais qui semblent avoir été quasiment privatisés au seul bénéfice de leur délégataire.
Concernant l’ARTEA, gérée par le même délégataire depuis sa création en 2000, il y a donc 26 ans désormais, le rapport fourni ne comporte même pas le compte d’exploitation de l’établissement comme il se doit mais une simple copie des liasses fiscales de la société ALG Spectacles. Rien ne permet de se faire une idée précise de la gestion réelle de cet établissement dont on ne saura même pas l’effectif du personnel affecté. Le rapport d’activité lui-même ne contient que 2 pages, accompagnée d’une longue litanie de travaux réclamés à la commune et dont le délégataire exige la réalisation immédiate dans un courrier d’accompagnement au ton assez abrupt. Les études en vue d’une réfection complète de la salle sont pourtant en cours avec un montant de travaux très conséquent budgété par la commune à hauteur de 750 000 € !
Le débat porte notamment sur les conditions d’exploitation de cet établissement culturel majeur qui conduisent la commune à verser une subvention d’équilibre de plus de 200 000 € par an alors que les recettes d’exploitation ne dépassent pas 179 000 e pour la période évoquée. Une DSP nécessite pourtant par définition que le délégataire se rémunère substantiellement par les bénéfices de l’activité, ce qui n’est manifestement pas le cas ici. Il est bien entendu cohérent qu’un tel établissement culturel soit largement subventionné par la collectivité, mais la logique voudrait qu’il soit géré de manière plus transparente et avec une ouverture plus large aux associations locales pour que celles-ci puissent profiter davantage de cet outil magnifique mais largement sous-exploité.
La DSP actuelle prendra fin en 2027 mais le Maire annonce d’ores et déjà qu’il n’y aura pas de débat quant aux modalités futures de gestion de cette salle de spectacle car il n’imagine qu’elle puisse être gérée autrement qu’en DSP par le gérant de toujours. Il accepte néanmoins que les conseillers d’opposition soient associés à l’élaboration du cahier des charges de cette future DSP en reconnaissant que des évolutions sont peut-être envisageables : chiche !
Il en est sensiblement de même pour la DSP du centre culturel, aux mains du même gérant et dont on peine également à obtenir des chiffres fiables quant à sa gestion financière. Là encore, la subvention accordée par la commune, qui s’élève à 130 000 € par an, couvre quasiment la moitié du budget d’exploitation. L’activité y est plutôt stable depuis plusieurs années avec 389 adhérents revendiqués en 2024 (alors qu’ils étaient 650 lorsque le centre était géré par une structure associative en 2018), sans majoration des tarifs au cours de l’exercice écoulé, ce qui mérite d’être salué, mais avec une fermeture d’activité qui interroge, alors que les adhérents étaient inscrits et soucieux de continuer.
On a retrouvé la 7ème Compagnie...
Ce conseil est aussi l’occasion d’apprendre que la commune souhaite recruter un nouveau cadre en charge de la communication afin de développer celle-ci tous azimuts, confirmant le souhait du Maire de s’investir davantage sur le faire-savoir et pas seulement sur le savoir faire, effectivement moins payant sur le plan électoral. Ce sera peut-être l’occasion pour les conseillers d’opposition de pouvoir accéder enfin aux outils de communication institutionnels de la commune comme le permet normalement le cadre réglementaire...
C’est aussi l’occasion de recevoir en direct des nouvelles de la 7ème Compagnie, ce qui devrait ravir bien des cinéphiles. On parle bien entendu de la 7ème Compagnie multi-techniques du 4ème Régiment du Matériel, basée, comme chacun sait, à Carpiagne, et avec laquelle il est question de signer une charte de jumelage « dans une démarche de rapprochement et d’amitié entre la commune et les forces armées présentes sur le territoire ». Un rapprochement auquel on ne peut naturellement que souscrire car que deviendrait les innombrables cérémonies patriotiques qui émaillent le quotidien des Carnussiens sans leur aimable participation ?
On apprendra aussi que le marché de Noël, jusqu’alors organisé par le Rotary Club de Carnoux, dont le président Serge Lunardelli siège également au Conseil municipal, demande une subvention de 8000 € pour maintenir cette année encore cette manifestation caritative peu rentable mais que la commune envisage de reprendre en direct dès l’année prochaine. La tradition du marché de Noël à Carnoux, qui n’a d’ailleurs rien de bien traditionnel dans la région, sera donc respectée, cette année encore !
Quant au dernier sujet abordé en séance, il concerne les frais de déplacements pour le prochain voyage à Paris de Monsieur le Maire, accompagné de son Premier adjoint, de la Directrice générale des services et du Directeur des services techniques de Carnoux, pour une escapade studieuse au 108e congrès de l’Association des Maires de France à partir du 23 novembre prochain, considéré, paraît-il comme un incontournable pour apprendre à bien gérer la commune. Les voyages forment la jeunesse, c’est bien connu, et le Maire promet au conseil de lui faire part, à son retour, des innombrables enseignements qu’il aura pu en tirer : à suivre donc...

- Tiens, ils tournent un film ce soir ? Je croyais que c’était la séance du conseil municipal…
- C’est bien la séance du conseil, mais elle va être enregistrée et filmée en direct !
- Incroyable ! C’est pour la postérité ? Ils vont mettre le film dans la capsule temporelle pour le futur ?
- Mais non ! La capsule est déjà scellée et plus personne ne peut l’ouvrir avant 2066…
- Mais alors à quoi bon tourner un film ? Ils vont le passer en avant-première à l’Artea pour rebooster la fréquentation ?
- Oui peut-être... Je crois plutôt que c’est pour permettre à ceux qui n’ont pas pu se déplacer de prendre connaissance des échanges, dans un souci de transparence.
- En tout cas ils n’ont pas lésiné sur les moyens : 2 caméras et un professionnel mobilisé pendant toute la séance, ce n’est pas du travail d’amateur !
- Adoption des rapports d'activités 2024/2025 de l'Artéa et du centre culturel.
- Demande d'une subvention supplémentaire par le Rotary club !
- Mission carnussienne au prochain congrès de l'association des maires de France

Nos élus peuvent naturellement communiquer à ceux qui seraient intéressés le contenu des divers documents techniques présentés en conseil municipal (notamment les dossiers des délégations de service public) qui ne sont pas diffusés par la municipalité.
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