Carnoux citoyenne, écologiste et solidaire

La transparence et la vie municipale
vécue par des élus et un collectif citoyen 
à Carnoux-en-Provence (13)

Blog d'action municipale

20/01/2022

Tartuffe, le Médecin Malgré Lui, L'avare, Scapin, Le Bourgeois Gentilhomme, ...

Quatre siècles plus tard, Molière fait des émules à Carnoux ...

Quatre jours à peine après la commémoration du quadricentenaire de la naissance de Molière, l'interview (ci-contre) donnée le 19 janvier par le maire de Carnoux au journal La Provence entend visiblement apporter sa contribution à la célébration du grand homme.

 

La lecture de l'article nous permet d'imaginer le personnage parodique extraordinaire qu'aurait sans doute pu créer le grand auteur. Et le théâtre aurait sans doute excellé à mettre en scène tous les travers d'une autosatisfaction permanente, d'un égo surdimensionné, d'un décalage évident avec une société de plus en plus complexe.

 

Car, comme tous les personnages de Molière, Sieur Giorgi est dans son monde, sa bulle, son univers personnel. Il parle, se met en scène, explique, juge, invective.

 

"Ah ! quel homme ! quel homme !" s'émerveille Sganarelle

[Dom Juan, acte V, scène 2]

 

Tartuffe, le Médecin Malgré Lui, l'Avare, Scapin, Le Bourgeois Gentilhomme, Jean-Pierre Giorgi s'inspire de tous…

 

L'interview débute par la gestion du Covid exemplaire bien sûr puisque "nous allons de moins en moins mal"… bien que le taux d'incidence à Carnoux n'ait jamais été aussi élevé et que le budget municipal consacré aux actions sociales ait été en baisse durant la pandémie.

 

"Lorsque le médecin fait rire le malade, c'est le meilleur signe du monde"

[Le médecin malgré lui, acte II, scène 6]

 

Puis vient la diatribe contre l'opposition, bien sûr caricaturée et forcément "démago". Ah, bon ? "Il voulait être dans la gouvernance". Diantre, d'où cela sort-il ?

 

"Souvent on entend mal ce qu'on croit bien entendre"

[Dom Garcie de Navarre ou le Prince jaloux, acte I, scène 3]

 

Une opposition visiblement ni tolérée, ni utile, puisqu' a priori, elle ne peut rien apporter à la commune.

 

"Croiriez-vous obliger tout le monde à se taire ?

Contre la médisance il n’est point de rempart"

lance Cléante, à qui Dorine répond

"Ceux de qui la conduite offre le plus à rire

Sont toujours sur autrui les premiers à médire"

[Le Tartuffe ou l'Imposteur, acte I, scène 1]

 

Et avec une perle qui témoigne d'une grande profondeur de réflexion sur la place des citoyens : "La vraie participation, c'est d'écouter les gens".

 

"Quand on sait entendre, on parle toujours bien"

[Les Femmes savantes, Acte II, scène 6]

 

L'interview se poursuit par l'auto-éloge du bâtisseur. La question de la journaliste sur le côté imposant de l'immeuble municipal est vite balayée…

 

"Et il n'y a rien de si impertinent et de si ridicule qu'on ne fasse avaler

lorsqu'on l'assaisonne en louange"

[L'Avare, acte I, scène1]

 

… et on revient vite à la principale préoccupation. Tout ceci n'a presque rien coûté à la ville car la reconstruction de la mairie était incluse dans un budget plus large de rénovation du centre-ville qui a obtenu des subventions. D'ailleurs, la ville n'est pas endettée.

 

"De l'argent, de l'argent de l'argent ! Ah ! Ils n'ont que ce mot à la bouche !

De l'argent ! Toujours de l'argent !" 

[L'Avare, acte III, scène 1]

 

Les retards et les coûts supplémentaires ?

 

"Le chemin est long du projet à la chose"

[Tartuffe ou l'imposteur, acte III, scène 1]

 

Puis l'allusion à l'obscur CLECT, "j'en suis le chef d'orchestre".

 

"A vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je m'en veux mêler.

J'ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques

de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses ;

et je puis dire sans vanité qu'on a guère vu d'homme qui fût plus habile ouvrier

de ressorts et d'intrigue, qui ait acquis plus de gloire que moi dans ce noble métier.

Mais, ma foi, le mérite est trop maltraité aujourd'hui…"

[Les fourberies de Scapin, acte I, scène 2]

 

Enfin, évidemment, le plus attendu : le maire sera-t-il candidat en… 2026 ? Bien qu'il ait à nombreuses reprises indiqué qu'il souhaitait se retirer, il ne ferme pas la porte. "Il est trop tôt. Je ne suis pas en état de dire si je serai candidat."

 

"Eh bien ! qu’est-ce que cela, soixante ans ? Voilà bien de quoi !

C’est la fleur de l’âge cela, et vous entrez maintenant dans la belle saison de l’homme."

[L'avare, acte II, scène 5]

 

Vous n'avez pas été convaincu ?

 

"On dit bien vrai qu’il n’y a point de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre"

[L'amour médecin, Acte I, scène 4]

 

Quoi qu'il en soit, Jean-Pierre Giorgi est sans doute un personnage de Molière qui s'ignore.

 

"Par ma foi ! Il y a plus de quarante ans que je dis [du Molière] sans que j'en susse rien…"

[Le bourgeois gentilhomme, acte II, scène 4]

 

 

Pythéas

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22/01/2022

Que penser de l'interview du maire dans La Provence du 19 janvier ?

Paroles de maire / Proposition d’élus ...

Mercredi 19 janvier, La Provence publiait, sous le titre Paroles de maire, une longue interview de Jean-Pierre Giorgi, élu municipal à Carnoux-en-Provence depuis 1983 et maire de la commune depuis plus de 20 ans.

 

Comme à son accoutumée et comme ont tendance à le faire tous les élus locaux en place depuis si longtemps qu’ils en finissent par gérer les affaires publiques de leur commune comme s’il s’agissait de leur propre patrimoine, le maire de Carnoux se met en avant et laisse entendre que rien à Carnoux ne s’est fait sans son impulsion. A l’écouter et du fait de ses fonctions de président de la Commission des Finances de la Métropole Aix-Marseille-Provence, et de président de la Commission locale d’évaluation des charges transférées, il serait même "le  chef d’orchestre", rien de moins, des transformations en cours qui vont remettre en selle cette métropole qui "ne fonctionne pas bien".

 

On comprend bien sûr qu’un élu, aux manettes depuis si longtemps et qui maîtrise tous les rouages du fonctionnement et surtout du financement des collectivités territoriales, se sente indispensable. Au point qu’il envisage même déjà sans rire de se représenter pour un septième mandat, jusqu’en 2032, alors qu’il aura 85 ans. La fleur de l’âge pour un élu local et un exemple mobilisateur pour les jeunes générations…

 

Bien sûr, il est tentant de jeter un regard narquois voire gentiment ironique sur ces dérives narcissiques qui menacent nos responsables politiques depuis trop longtemps installés, au point de mépriser totalement leurs concitoyens qui continuent à les applaudir et à les plébisciter sans réserve, même quand ils engagent leur collectivité dans des dépenses somptuaires comme cet hôtel de ville majestueux et aux trois-quart vide qui encombre désormais le centre-ville de Carnoux.

 

Assurément, un tel comportement aurait fait la joie de nos grands écrivains classiques, Molière en tête, toujours prompts à se moquer des petits travers de ceux qui se prennent pour les Grands de ce Monde. Si bien que nous n’avons pas pu résister, ici même et bien sûr dans un esprit aussi bienveillant que bon enfant, à mettre en écho quelques citations du grand auteur comique qui, tout compte fait, n’ont rien perdu de leur actualité et s’appliquent même à notre microcosme carnussien...

 

 

La grandeur grâce aux subventions

 

A l’heure où l’on commence à réfléchir sobriété énergétique, rationalisation des dépenses publiques et optimisation des ressources, on comprend bien évidemment la fierté d’un élu local à vouloir se faire construire son palais ducal, et ceci sans même endetter sa commune malgré cette somme colossale de 15 millions d’euros d’argent public englouti, ce qui n’est pas rien ! Un habile tour de passe passe qui révèle à quel point le système est profondément vicié puisqu’un élu local d’une commune somme toute modeste, de moins de 7000 habitants, peut ainsi capter au profit de ses rêves de grandeur, les subventions colossales de la Métropole et surtout du Département, alors même que cet argent pourrait être sans doute plus utile pour développer des transports en commun dignes de ce nom ou rénover les écoles et les équipements publics dans les quartiers défavorisés de la Métropole.

 

Enfouir tout le réseau de lignes électriques est bien évidemment une excellente opération pour la commune et chacun ne peut que se réjouir de l’embellissement qui en résulte pour notre cadre de vie. Mais un tel projet était totalement hors de portée d’une collectivité de la taille de Carnoux sans l’aide financière des autres contribuables du Département. De là à présenter l’opération comme un modèle de développement durable vertueux, il y a un grand pas à franchir. Où est la solidarité quand l’opération n’est possible que parce que notre maire a capté à son profit et grâce à un réseau de relations clientélistes, l’argent public issu de contribuables qui ne mettront jamais les pieds à Carnoux et qui doivent se contenter de vivre dans un environnement dégradé ? Où est le caractère durable et reproductible d’une telle opération alors même que les autres communes de l’aire métropolitaine seraient bien en peine de se faire ainsi financer sur leur propre territoire une opération aussi coûteuse ?

Vue représentant l'aspect final de l'opération de la nouvelle mairie après la fin des travaux (photo CPC)

 

Les abstentionnistes relativisent la légitimité de tous les élus

 

Bien loin de nous l’idée de vouloir donner des leçons de morale et encore moins de gouvernance au maire de Carnoux. Il s’est incontestablement investi, corps et âme, au bénéfice de son fief de Carnoux et personne ne remet en cause sa réélection triomphale dès le premier tour des dernières élections municipales de 2020 avec plus des deux tiers des suffrages exprimés. Pour autant, lors de ces élections comme des précédentes, c’est l’abstention qui est largement arrivée en tête avec un taux record de plus de 58 % ! En définitive, moins de la moitié des Carnussiens inscrits sur les listes électorales ont voté en faveur de la reconduction de la liste majoritaire, ce qui interroge, non pas sur la légitimité de cette dernière, mais bien sur la vitalité de notre démocratie locale.

 

 

Les grands défis se posent aussi au niveau communal et métropolitain

 

On peut certes, comme le fait notre maire, se persuader d’avoir forcément raison puisque le système lui permet d’être réélu, élection après élection et conduit ceux qui ne pensent pas comme lui à se décourager et à se détourner de la vie publique. Mais est-ce bien la meilleure façon de se préparer pour affronter collectivement les grands défis qui nous attendent et qui menacent la survie même des générations futures : réchauffement climatique global, disparition massive de la biodiversité, nécessité de développer des modes de transport décarbonés, fragilisation de notre système de santé face aux enjeux des grandes épidémies et du vieillissement de la population, mondialisation de la production et chômage de masse, et on en passe…

 

Certes, ce n’est pas à l’échelle de la commune que ces questions peuvent être réglées. Pour autant, la commune est par excellence le lieu d’exercice de la démocratie de proximité. C’est en intéressant le maximum de citoyens à ces enjeux qui nous concernent tous, c’est en mobilisant notre intelligence collective, au-delà de nos éventuelles divergences, que l’on pourrait forger les consensus permettant d’affronter de manière plus responsable ces défis qui nous font face. Au delà de la commune, c’est bien à l’échelle métropolitaine que l’on peut commencer à agir pour rééquilibrer les lieux de vie, faire jouer la solidarité entre territoires, développer l’emploi local et les circuits courts, mailler le territoire avec des réseaux de transports en commun performants ou encore préserver ce qu’il reste de notre environnement naturel exceptionnel.

 

 

Chiche, oeuvrons ensemble plus responsabiliser les Carnussiens et s'appuyer sur l'apport de tous...

 

Alors chiche, Monsieur le maire, et sans vouloir donner de leçon de gouvernance, commençons à travailler ensemble pour mettre en place des instances de démocratie citoyenne, sous forme de conseils des jeunes et de réseaux associatifs pour faire émerger des projets d’intérêt général au-delà de la seule gestion comptable du patrimoine communal grâce à l’argent du contribuable départemental. Les jeunes générations attendent de nous des réponses à la hauteur des enjeux, et pas seulement de monter des dossiers de demande de subvention...

 

Marc VINCENT et Cristele CHEVALIER

élus munipaux de la liste

Carnoux citoyenne, écologiste et solidaire

24/01/2022

Depuis 2015, un état d'exception instauré plus de 3 années sur 6 ...

L'état d'urgence peut-il être sans fin et menacer la démocratie ?

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15 propositions pour mieux définir et organiser les états d’urgence

 

Sur la base d’une analyse approfondie et de nombreuses consultations, l’étude propose une doctrine d’emploi de l’état d’urgence et 15 propositions d’amélioration réparties en trois axes principaux.

 

Depuis 2015, la France aura été durant la moitié de la période en état d’urgence, antiterroriste ou sanitaire et il est hautement probable que de futures crises de diverses natures conduisent à la mise en œuvre de nouveaux états d’urgence.

 

Le Conseil d’État recommande de préparer cette éventualité par l’élaboration d’un cadre global, à la fois juridique et opérationnel, destiné à renforcer l’efficacité de l’action des pouvoirs publics confrontés à des crises majeures tout en préservant les principes républicains. Il est notamment nécessaire de sortir de la confusion qui s’est installée entre état d’urgence et gestion de crise.

 

  • Réserver l’état d’urgence aux crises majeures auxquelles la puissance publique ne peut pas répondre avec des outils prédéterminés
  • Constituer un cadre global du droit et de la gestion des crises majeures

 

L’état d’urgence sanitaire a révélé que notre organisation de gestion des crises majeures était perfectible. Les faiblesses résultent, pour partie, d’une insuffisante capacité d’anticipation, d’une inadéquation des structures de pilotage interministériel et d’un émiettement des compétences. Les crises majeures donnent lieu à des modalités de pilotage très centralisées, au sommet de l’Etat, alors que nos dispositifs actuels de pilotage continuent à reposer principalement sur des logiques ministérielles.

 

  • Confier au SGDSN les compétences et les moyens lui permettant de piloter la gestion de crise lorsque le Président de la République ou le Premier ministre prennent les commandes des opérations.
  • Clarifier les responsabilités et l’articulation entre l’État et les collectivités territoriales avec l’élaboration de schémas d’interventions pour chaque grand type de crise

L'état d'urgence, exceptionnel en principe, est en train de devenir la règle, mettant à mal les libertés individuelles et la démocratie. Depuis 2015, la France a été sous état d'urgence plus de trois années sur six, soit plus longtemps que dans le cadre habituel constitutionnel normal.

 

Est-ce tenable ? Quel en est le prix pour les libertés individuelles ? pour la démocratie ? Faut-il mieux encadrer l'état d'urgence ? Le Parlement peut-il être marginalisé durablement ? Autant de question que se posent les spécialistes du droit ainsi que le Conseil Constitutionnel lui-même. Une chose est claire : un état d'exception ne peut durer indéfiniment sans mettre à mal la démocratie elle-même…

 

Nous vous proposons deux éclairages. Le premier est celui du Conseil d'Etat qui s'est emparé du sujet pour proposer dans le cadre de la sortie de son étude annuelle 2021, une grille de lecture et d’emploi de ce régime d’exception, avec une série de propositions visant à améliorer l’action publique. Le second est le livre (paru il y a quelques jours) de la juriste Stéphanie Hennette­ Vauchez, professeure de droit public à l’université de Nanterre et directrice du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux (Credof). Mme Hennette-Vauchez considère que le terrorisme puis la crise sanitaire ont "durablement dilué les frontières entre la démocratie et l'autoritarisme". Nous reproduisons un entretien au journal Le Monde sur cette approche.

J. Boulesteix

Les enseignements des états d’urgence 2015-2021

 

L’analyse des états d’urgence récents a permis de tirer différents enseignements sur ce régime d’exception, cerner ses limites, ses avantages et ses risques. Parmi les points principaux étudiés, l’étude revient en premier lieu sur l’opportunité de son utilisation. Destiné à répondre à un « péril imminent », l’état d’urgence est utile et efficace pour faire face à un désordre momentané, lorsqu’aucun autre outil juridique ou opérationnel n’existe. Pourtant la « crise » est aujourd’hui de plus en plus confondue avec les menaces pérennes qui fragilisent en profondeur la société et pour lesquels l’état d’urgence n’est pas une solution pertinente.

 

La question de son usage prolongé soulève également de nombreuses questions. Sur le long terme, son usage est délétère : il déstabilise le fonctionnement ordinaire des institutions, en bouleversant le rôle du Parlement et des institutions territoriales, banalise le risque, restreint les libertés de façon excessive et altère, à terme, la cohésion sociale.

 

Enfin, la sortie de l’état d’urgence reste toujours un choix difficile lorsque la menace persiste. Si l’introduction dans le droit commun de mesures d’exception est régulièrement dénoncé, l’enjeu essentiel est de définir les limites à ne pas franchir et de garantir de solides garde-fous procéduraux et des contre-pouvoirs effectifs.

Cliquer sur les vidéos pour les visualiser

La banalisation de l’exception pervertit l’État de droit et fait peser un coût extrêmement élevé sur les conditions même de possibilité de la vie démocratique. L’ambition de cet essai est d’offrir une critique approfondie des effets politiques et institutionnels qu’engendre la récurrence de ces régimes juridiques si particuliers, auxquels les gouvernements paraissent s’accoutumer sans toujours en percevoir les implications sur les droits et les libertés.


L’état d’urgence n’est pas une simple parenthèse : le risque est qu’il devienne la nouvelle condition politique et juridique des sociétés confrontées à des menaces planétaires et systémiques. Endiguer ses effets relève d’une urgence démocratique.

 

Le 22 janvier dernier, Mme Hennette Vauchez donnait une interveiw au journal Le Monde que nous reproduisons ci-dessous.

Même s’il ne dégrade pas l’État de droit et concourt à sa préservation face à des périls graves, l’état d’urgence se traduit par un renforcement considérable des prérogatives du pouvoir exécutif, tout particulièrement en matière de police administrative. Légitime et temporaire, ce renforcement appelle malgré tout un équilibrage par les contrôles parlementaires et juridictionnels.

 

  • Inscrire dans la Constitution des règles procédurales fixant le cadre de mise en œuvre des états d’urgence : modalités de déclenchement, de prorogation et de contrôle de constitutionnalité
  • Consolider le contrôle parlementaire en période d’état d’urgence, qu’il s’agisse des habilitations à légiférer par ordonnance, des pouvoirs exceptionnels conférés à l’exécutif ou des prérogatives d’enquête des commissions parlementaires.
  • Activer, dès le déclenchement d’un état d’urgence, un comité de liaison entre le Conseil d’État et la Cour de cassation permettant d’examiner les questions de droit susceptibles de justifier un regard croisé des deux ordres de juridiction.
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31/01/2022

Biens communs, biens publics, biens privés : quelle législation ?

Les biens communs reviennent en débat

Signe des temps ? Les Echos leur consacrent fin novembre une enquête, les journaux les plus libéraux en reparlent d'une manière moins dédaigneuse. La notion de "biens communs" revient dans le débat public, notamment à l'occasion des prochaines élections présidentielles. L'urgence climatique et sociale n'y est certainement pas pour rien. Tout ceci correspond en fait à des changements profonds dans nos usages. Les biens communs sont des biens publics ou privés dont l'usage, partagé par un grand nombre, pose par lui-même des questions sur la gestion, la propriété, l'implication des usagers, la gestion démocratique.

 

Les biens séculaires publics

Il y a d'abord, bien sûr, la tentation pour certaines collectivités, pour des raisons financières, de se séparer de biens immobiliers séculaires qui constituent un patrimoine public dont la valeur pour la communauté dépasse souvent la simple valeur marchande. Cette privatisation est vécue bien souvent comme une spoliation collective dans la mesure où elle affecte les racines, le récit, le lien commun. Pour en limiter les effets, la cession de longue durée peut n'être que temporaire, dans le cadre d’un bail emphytéotique.

 

La privatisation des services publics

Il y a aussi, dans le domaine des services publics, la "privatisation" qui caractérise en général soit les délégations de service public (DSP), soit partenariats public-privé (PPP). Dans le premier cas, la collectivité locale délègue la gestion d’un service, facturé à l'usager. Dans le second cas, elle abandonne la propriété de l'équipement, devenant pour plusieurs décennies un simple locataire. Il suffit, là-aussi, de constater les nombreuses critiques et oppositions, tant pour les DSP (eau potable, cantines scolaires, …) que pour les PPP (hôpitaux, écoles primaires, locaux universitaires, …) pour voir que ces mesures apparaissent très souvent comme des bradages ou des gaspillages, dont l'efficacité est contestée. Le cas du PPP est le plus problématique, puisqu'il engage financièrement la collectivité pour des décennies. La cour des comptes, très critique, l'assimile d'ailleurs à "une bombe à retardement budgétaire souvent ignorée par des arbitrages de court terme"1.

 

Le bien commun correspond à un usage

Un bien public n'est pas qu'une affaire de propriété, il correspond souvent avant tout à un usage. C'est cet usage d'une ressource commune qui en fait un bien commun. La question d'accès à ce bien éclipse celle de sa propriété. Comment garantir un accès équitable à tous, si ce n'est en mettant en place une gestion démocratique et participative ? Cette approche a été trop souvent occultée, confortant l'idée que le bien commun était un bien comme les autres, certes public, mais répondant aux mêmes critères de gestion, de cession, de spéculation, de marchandisation. Il n'en est rien.

 

La loi du 10 juin 1793, texte fondateur des biens communaux, insiste fort intelligemment sur leur "jouissance en commun". A l'époque, il s'agissait essentiellement d'espaces communs (pâturages, bois, puits, …). Aujourd'hui les communs sont moins matériels. L'environnement, le droit au soins, l'information, l'éducation, l'histoire, la culture, l'espace public, l'air, l'eau, les paysages, le littoral, le logiciel libre, les AMAP2, les jardins partagés, les encyclopédies en ligne, sont des biens communs. La solidarité, l’émancipation, l’entraide, le partage équitable des ressources, la démocratie, le service public, la culture, le droit au logement, le souci des générations futures, etc… sont aussi des biens communs. Chacun n'y met pas tout à fait la même chose, mais chacun y tient et en use sans le posséder.

 

Dans une activité économique traditionnelle, l'entreprise elle-même n'est en général pas un bien commun, mais le travail, l'ensemble des compétences, la réputation, le rayonnement, qui lui sont attachés, en constituent des éléments d'appropriation commune. De nombreux exemples de désindustrialisation ont ainsi été vécus comme la perte d'un bien commun bien au-delà des employés de l'usine elle-même.

 

La France est à la traîne sur la protection des "biens communs"

Dans la foulée des travaux du prix Nobel Elinor Olstrom3, de nombreuses réflexions ont été menées. En Italie, par exemple, en 2007, la commission Rodotà sur les Biens Publics, mandatée par le gouvernement Prodi, a proposé la notion juridique de "bien commun" à côté de celle de "propriété publique".  Aujourd’hui près de 100 villes italiennes sont impliquées dans une pratique de protection et de gestion des biens communs. A la suite d'un inventaire des biens communs qu'elle avait mené en 2012 en associant les citoyens et les associations, la ville de Bologne fut la première ville italienne à adopter, en 2014, un règlement des biens communs qui en précise à la fois la définition et le mode de gestion. A Milan, la liste des biens communs est révisée régulièrement entre élus et associations. En juillet 2016, la ville de Naples a attribué le statut de "biens communs" à sept lieux emblématiques qui constituaient des propriétés publiques mais qui avaient fait l’objet d’occupations prolongées par des communautés après avoir été laissés à l’abandon. Les communautés qui occupaient illégalement ces lieux en sont désormais reconnues cogestionnaires avec la municipalité4. Un comité de surveillance a été créé, composé de citoyens tirés au sort, d'associations et d'élus.

 

La ville elle-même est un bien commun, non pas dans ses bâtiments, largement privés, mais dans son patrimoine, dans son architecture, dans son atmosphère. Non pas dans ses habitants, dont chacun déroule sa trajectoire personnelle indépendante, mais dans leurs relations sociales, leurs créativités, leurs échanges, leurs engouements, leurs contestations. Tout ceci n'est affaire que d'usages partagés, d'accès à tous, de vision commune et souvent d'intelligence collective. La participation de chacun est indispensable. Le bien commun sort du simple rapport marchand. Le citoyen n'est pas un client, la ville n'est pas une entreprise.

 

J. Boulesteix

extrait adapté de "L'enjeu local de la démocratie participative"

(à paraître)

Références

1 Les contrats de partenariats : des bombes à retardement ?, Sénat Commission des Lois, 16/07/2014

Rapport d'information No 733

2 Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne, qui privilégie les circuits courts de consommation

3 Elinor Ostrom, Governing the commons, The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge University Press 1990

4 Benedetta Celati, La politique de la mairie de Naples en matière de Commun, Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire (RTES), No 18, 2017

La Fondation Jean Jaurès relance le débat sur les biens communs, ces biens qui, par leur usage partagé et par l'implication qu'ils ont sur la vie de chacun, constituent une richesse commune dont l'accès à tous doit être préservé.

 

Le petit manifeste d'Emmanuel Dupont et d'Edouard Jourdain, publié ce mois-ci aux éditions de l'Aube, en résume la problématique.

 

À l’heure où État et action publique sont questionnés, des citoyens s’organisent pour gérer ensemble des biens ou des services collectifs (un lieu patrimonial ou culturel, un espace de biodiversité, un tiers-lieu, de l’habitat collectif, des services à la personne, etc.). Ces initiatives, appelées « communs », portent une manière nouvelle de faire de la politique, privilégiant une prise en charge collective par les citoyens. Emmanuel Dupont et Édouard Jourdain nous montrent que, bien qu’encore peu reconnues, elles portent une dynamique de transformation profonde de notre rapport à l’État, mais aussi de notre approche de la propriété des usages.

Eric Grelet CC By Sa - interpole.xyz

Université du Bien Commun, Paris

Vidéo 6'

L'air, l'eau, internet, les paysages, l'océan, le patrimoine historique, la santé, le savoir, les ressources naturelles, les ressources humaines, les moteurs de recherche, les basses de données individuelles, ...

sont des biens communs  à tous.

02/02/2022

Valse à Bamako

Une critique française des coups d'Etat à géométrie variable

Il y a enfin l'incohérence politique française qui l'amène à tolérer les coups d'Etat quand ça l'arrange et à les condamner dans les autres cas. En avril 2021, par exemple, un coup d'Etat a permis au Tchad de s'assoir sur la constitution nationale et de porter au pouvoir, avec le soutien de la France, le général Mahamat Déby Itno qui préside depuis un conseil militaire gouvernemental. Le président Emmanuel Macron était lui-même sur place le 23 avril 2021 pour soutenir le président illégal du Conseil militaire de transition tchadien.

 

Ainsi, plus la France s'embourbe, plus les coups d'Etat se succèdent dans son ancien pré-carré : Mali (2020, 2021), Guinée (2021), Burkina-Faso (2022), Tchad (2021).

 

L'Europe renâcle à embarquer dans la galère française

Pour couronner le tout, les interrogations européennes sont nombreuses. Les pays européens ont toujours été réticents à intervenir au Sahel. La France a convaincu, non sans mal, ses partenaires d'y envoyer des troupes. Tous ont fait un effort (Allemagne, Belgique, Danemark, Estonie, Grèce, Italie, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Roumanie, Royaume-Uni, Suède, Tchéquie. Aujourd'hui tous se sentent embarqués dans une aventure sans issue qui ne peut durer dans le temps. La dégradation de la situation sécuritaire, l'absence de de perspective politique et le rejet de la France ont changé la donne. En 10 ans, la situation s'est retournée. Après l'irresponsabilité de Sarkozy, l'échec africain de Hollande et de Macron est manifeste. Il n'augure rien de bon ni pour l'Afrique, ni pour notre pays.

 

Après le twist et la valse, les Maliens réhabilitent donc bilani, soumou et tambaka. L'avenir reste toujours à la danse...

 

Pythéas

 

Vidéo 2'
Vidéo 2'

Ambassadeur de France expulsé, départ précipité des soldats danois de la force internationale, montée du sentiment anti-français, … Ca valse à Bamako !

 

Trois semaines à peine après la sortie du très beau film de Robert Guédiguian "Twist à Bamako"1, le Mali est donc le centre d'une nouvelle tourmente. Colonisé en 1880, le pays a accédé à son indépendance en 1960. 80 ans de dépendance, 60 ans d'indépendance. Mais depuis 1880, la France y est toujours non seulement présente, mais influente et s'est jusqu'à présent bien accommodée des nombreux coups d'Etat (1968, 1991, 2012). Les deux derniers (août 2020 et mai 2021) ont cependant entraîné la réprobation puis la fureur de la France. Comment cela ? Notre armée est intervenue en janvier 2013 pour stopper les colonnes djihadistes venues du nord et ils se retournent contre nous et nos intérêts ?

 

Les Maliens font d'abord remarquer que la France n'a rien fait depuis son intervention il y a 9 ans pour stabiliser politiquement la région, bien au contraire. Si l'avancée d'AQMI en 2013 a été possible, c'est aussi parce que les Touaregs du désert, qui revendiquent vainement autonomie, voire indépendance depuis des décennies, n'ont jamais été entendus. Les Touaregs ont été les seuls peuples à ne pas disposer d'un Etat lors de la décolonisation. Sans soutien depuis le renversement de Kadhafi en 2011, ils ont cherché, bien imprudemment, à jouer une nouvelle carte. Or depuis 2013, le gouvernement malien soutenu par la France a rejeté toute négociation avec les Touaregs, enlisant le conflit et embourbant l'engagement militaire français.

 

Sarkozy et la dissémination des armes libyennes

Le ressentiment des populations malienne et touareg envers la France remonte ainsi à loin. La chute de Kadhafi a été voulue par la France et son président de l'époque Sarkozy. Le chaos qui en a résulté a disséminé des quantités considérables d'armes libyennes dans tout le Sahel, notamment des missiles sol-air utilisés pour abattre un avion MIG-21 de l'armée de l'air malienne en janvier 2012. Pour beaucoup d'Africains, la politique libyenne de la France est à l'origine de l'insécurité qui minent les pays du sud Sahel depuis une décennie.

 

1 Twist à Bamako, fil de Robert Guédiguian (2022) se situe au Mali en 1962. Le film décrit comment la jeunesse de Bamako goûte son indépendance fraîchement acquise et comment ces bouleversements se heurtent aux coutumes ancestrales.

L'Artéa a eu la bonne initiative de programmer la projection à Carnoux le 26 janvier dernier.

03/02/2022

Nouvel hôpital d'Aubagne :

satisfaction mais interrogations et vigilance

Les citoyens et usagers s'en mêlent...

 

Carnoux-citoyenne et le Cercle Progressiste Carnussien ont participé, le 27 janvier à une réunion organisée par le Carrefour Citoyen au Cercle Républicain des Travailleurs de Roquefort la Bédoule.

 

Une trentaine de citoyens dont quelques élus, venant des communes d’Aubagne, de Roquefort la Bédoule et de Carnoux, ont répondu présent pour être informés du projet de construction d’un nouvel hôpital public à Aubagne et d’envisager les conditions d’une organisation des citoyens pour que ce nouvel équipement réponde aux besoins de santé de la population des communes d’Aubagne et de ses environs.

 

Son notamment intervenus

  • Mme Christine VANDRAME au nom du collectif de citoyens pour la défense de l’Hôpital public d’Aubagne, organisation dont la mobilisation a permis de sauver le service de réanimation qui était alors quasiment neuf !
  • M. le Dr David ALMOSNINO, médecin hospitalier en réanimation et anesthésie à l’Hôpital d’Aubagne
  • M. le Dr Yves PERRIN-TOININ, médecin libéral et élu de la municipalité d’Aubagne.
     

Les échanges avec la salle ont été nourris avec notamment des questions portant sur le sort des locaux de l’actuel centre hospitalier. Parmi les suggestions, émergent la création d’un EHPAD public, d’un espace en lien avec Institut de formation aux soins infirmiers  (IFSI) installé dans l’espace proche du lycée Joliot-Curie …

 

Un collectif a été créé afin de garantir la prise en compte effective des nécessités en matière de santé. Tous les participant convenaient d’être vigilants sur l’enquête publique, en exerçant une « maîtrise d’usage » avec des recueils de données précis, portant par exemple sur le nombre de mouvements des centres de secours du secteur vers l’hôpital d’Aubagne.

 

M.M.

 

Facebook du Carrefour Citoyen de Roquefort la B. [voir ici]

Annonce du Ségur de la Santé le 15/12/2021

De nombreuses mobilisations ont eu lieu ces dernières années pour défendre l'hôpital public d'Aubagne (photo CGT hôpital d'Aubagne)

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Le Ségur de la Santé pour les Bouches-du-Rhône
Dossier Hôpital (revue Alternatives Economiques février 2022)

Le 15 décembre dernier, le ministère de la Santé et l’ARS (Agence régionale de santé) Paca ont présenté les chantiers prioritaires dans le cadre du Ségur de la Santé et, parmi ceux-ci, la construction d'un nouvel hôpital à Aubagne. Les services de l’État envisageraient d’allouer 92 millions d’euros à la reconstruction de l’hôpital d’Aubagne, soit 80 % du coût total, ce qui en fait le plus gros investssement prévu en région PACA.

 

L'objectif en est le développement de l’hôpital de jour, la création d’une nouvelle maternité et le renforcement de la filière gériatrique. Le projet devrait, en principe, aboutir avant 2029. Une excellente nouvelle donc.

 

Le Ségur de la Santé finance structures publiques et structures privées

Outre Aubagne, l'ARS prévoit de financer d'autres projets : La restructuration de l'hôpital de Martigues (28 M€), le partenariat entre le complexe hospitalier d’Arles et la clinique Jeanne d’Arc (15 M€), l’agrandissement de l’Hôpital Européen privé à Marseille (43 M€) et l’EHPAD  Saint Jean de Dieu  dans le 14è arrondissement de Marseille (10 M€), la reconstruction de l'hôpital de Salon (78 M€).

 

Aubagne : un hôpital trop longtemps maltraité

Les habitants d'Aubagne et alentour sont très attachés à l'hôpital Edmond Garcin. Ils ont vu d'un bon œil l'annonce de sa reconstruction, ou, au moins de sa réhabilitation. La maternité, le service de pédiatrie ont des capacités insuffisantes. Les nombre de lits en réanimation est trop faible et cela a été bien mis en évidence avec la crise du Covid. L'accueil aux urgences doit aussi être grandement amélioré.

 

Les trois collectifs de défense de l’hôpital public d’Aubagne ont d'ailleurs réagi positivement, à l’annonce par le ministère de la Santé de la sélection du projet de nouvel hôpital à Aubagne. Ils sont néanmoins vigilants et attentifs à l’évolution du projet.

 

Car l'intérêt ministériel pour Aubagne n'allait pas de soi. L'hôpital public actuel a été construit en 1971, au moment même où la clinique privée La Casamance ouvrait sa première unité de 150 lits. En 2013, la clinique devenait un Hôpital Privé, bénéficiant ainsi d'investissements publics importants. L'hôpital d'Aubagne, lui, comme beaucoup d'établissements hospitaliers publics faisait face à de nombreux défis financiers et de personnel, jusqu'à un constat de vétusté du centre hospitalier et d’obsolescence de ses infrastructures. Sa fermeture fut évoquée, provoquant de vives contestations. Le service de réanimation nouvellement équipé devait même être fermé et n'a pu être sauvé que grâce à une importante mobilisation.

 

      Trois questions entourent le projet

  • la localisation.
    L'Etat souhaiterait apparemment une relocalisation de l'hôpital "un lieu un peu excentré pour faciliter les accès, des parkings, et au moins 30 000 m² de bâti, soit la surface de l'établissement actuel mais qui serait mieux exploitée" selon sa directrice. La tendance est en effet forte de vendre à bon prix un site en centre-ville (23 000 m2) pour financer l'opération. Mais une ville, ce ne sont pas que des programmes immobiliers, c'est d'abord un mélange harmonieux entre des bâtiments publics (écoles, collèges, pompiers, stades, hôpitaux) et des habitations. Il est tout à fait possible de concilier un bon accès et un service public en centre-ville. La zone actuellement envisagée pour le projet, aux Gargues n'offre ni une bonne accessibilité en transports collectifs, ni une intégration urbaine suffisante.
  • le périmètre de l'action médicale.
    La présence de l'hôpital privé de la Casamance et la proximité de Marseille imposent une réflexion sur la spécialisation éventuelle due au coût important des équipements hospitaliers. Les malades doivent être soignés au mieux avec les appareils les plus modernes. La spécialisation de la Casamance dans l'accueil des cas lourds de cardiologie (infarctus et AVC) est un atout. Cependant, la tendance est aussi à localiser dans les structures privées les soins les plus rentables, souvent ambulatoires, assurant un revenu important et récurrent et dans les structures publiques les malades les plus lourds nécessitant les soins les plus coûteux. Une récente émission (Cash Investigation d'Elise Lucet, France 2, 14 janvier 2022) a mis en évidence l'incroyable rente de la dialyse. Evidemment, l'hôpital public d'Aubagne doit être un "vrai hôpital", c'est-à-dire un hôpital de plein exercice où s'excerce la médecine la plus pointue au service de tous habitants.
  • l'implication des usagers et des citoyens.
    Il ne suffit pas d'associer l'ensemble des professionnels de santé et des partenaires médicaux. L'hôpital est un bien public. Les habitants doivent être consultés et écoutés pour les choix de cette reconstruction, mais bien au-delà, ils doivent être encore mieux impliqués dans la future gestion. C'est une garantie d'un bon service rendu, mais aussi d'une capacité d'adaptation prenant en compte de nouvelles attentes.

 

J. Boulesteix

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03/02 19:12
Je lis toujours vos articles celui sur l’hôpital d’Aubagne m'a intéressé. La Casamance, j 'y suis allée une fois pour une coloscopie. La suivante je suis allée à la clinique Bouchard à Marseille. Pour faire court à la Casamance quand on m'a donné le traitement pour vides les intestins, j'ai eu un malaise et suis restée sans connaissance par terre dans la salle de bains où se trouvent les toilettes un bon moment.. A la clinique Bouchard pour la même chose toutes les heures il y avait le passage de l'infirmière de garde. Je vous avoue que, ayant un problème cardiaque, si besoin était, j'irai plus volontiers au CHU Timone qu'à la Casamance. . Voilà c 'est du vécu simplement.
Cordialement. N.B.

04/02 09:35 Fokonyaka
Oui, la qualité des soins est un impératif MAJEUR. Cela ne peut pas se faire avec un hôpital au rabais. Il faut que l'hôpital d'Aubagne soit au top et attire des médecins de qualité.

04/02 20:38 Louis Martinez
Mais est-ce que cet hôpital se fera vraiment ? ou est-ce une annonce électoraliste ?

06/02 13:44 Anonymous
Je ne crois pas à ce projet. On veut nous refaire le coup du démantèlement pour reconstruire, mais in fine on aura du privé. Je pense qu'il faut que les jeunes se mobilisent.

4 commentaires

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07/02. 22:17 Jean Sissoko
Bravo pour cet humour.et ce clin d'oeil au cinéma. Le problème c'est que ce n'est pas un diverstissement pour nous. Les russes sont là et nous sommes encore plus désarmés que devant les djihadistes... Pauvre Mali !

13/02. 10:36 inconnu
Hollande et Macron ont tout foiré. L'intervention de 2013 a été efficace et aurait dû amener une véritable stratégie contre le MUJAO et les autres. Une décennie a passé. La sécurité n'a pas avancé. Les maliens ont l'impression que la France a fait durer sa présence sans prendre le gnou par les cornes et a mainenu ainsi le Mali en état de dépendance politique. Ce qui devait arriver arriva et on a maintenant une junte militaire. Bravo la France !

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