
La transparence et la vie municipale vécue par des élus et un collectif citoyen à Carnoux-en-Provence (13470)
Laisseriez-vous brûler les ampoules toute la nuit dans votre garage ou le hall de votre immeuble ? Sans doute pas… C'est pourtant ce qui se passe toutes les nuits dans les rues de nos villes, et notamment à Carnoux. Des centaines de lampadaires qui éclairent les chats, les escargots ou les sangliers. Des milliards de watt-heure perdus.
"Mais, Monsieur, cela a toujours été comme ça !". Oui, mais toujours ne rime plus avec éternité. La planète est en danger, nous sommes en danger. Ne pourrait-on pas être un peu plus intelligents ? Ou plutôt, l'éclairage ne pourrait-il pas, lui, devenir plus intelligent ? N'éclairer que ce qui est nécessaire, n'éclairer que la présence humaine, ne pas éclairer des rues vides ?
Nous avons financé récemment à Carnoux le renouvellement d'une grande partie de l'éclairage public, mais, contrairement à ce qui se passe ailleurs, la municipalité ne s'est pas posée la question de l'optimisation de l'éclairage. Elle s'est contentée, et c'est encore heureux, d'avoir recours à des lumières moins énergivores. Celles-ci éclairent en général inutilement le bitume entre minuit et 5 heures du matin…
Aucune véritable initiative de rupture en matière d'éclairage, donc, en faveur de la transition énergétique. Alors que les communes du nord de l'Europe multiplient les dispositifs sélectifs ou à la demande, alors que les objets connectés se généralisent, nous, à Carnoux, nous avons des beaux lampadaires qui brulent toute la nuit sans admirateurs.
On nous dit que c'est une demande sécuritaire des Carnussiens. Mais depuis quand les lampadaires ont-ils diminué la délinquance ? Depuis quand les réverbères sont-ils indispensables aux joggers qui parcourent les espaces verts et les collines le soir avec une lampe frontale ? Combien de Carnussiens exigent réellement une telle gabegie d'éclairage ?
La lumière, c'est aussi celle de l'esprit, de l'innovation. Avec la technologie d'aujourd'hui nous pourrions disposer d'un éclairage intelligent, moins dispendieux et plus adapté aux exigences environnementales.
Sans doute, avec un éclairage adapté à la présence humaine, l'homme, décrit par Maupassant dans sa nouvelle La Nuit, et déambulant dans un Paris aux révebères à gaz éteints, aurait-il aujourd'hui moins d'angoisses... et plus de confort.

Les becs de gaz et les allumeurs de réverbères sont maintenant bien loin. Il s'agit simplement aujourd'hui, puisque la technologie le permet, d'éclairer ce qu'il faut quand il faut.

Comme l'explique l'Association des Maires de France (AMF), les craintes en matière de sécurité sont "non avérées".

Eclairer intelligemment, c'est possible
L'éclairage public peut aujourd'hui être dynamique et adapté à la présence humaine, au moment et à l'endroit requis. Les recherches montrent que l'éclairage basé sur des capteurs a un effet positif sur la perception des citoyens en matière de sécurité.
Augmenter la sécurité publique et la sécurité des citoyens est indispensable. Cette préoccupation peut directement bénéficier de l'éclairage intelligent. Il y a évidemment moyen de réduire le gaspillage d'énergie tout en garantissant la sécurité du public, notamment avec des capteurs de mouvement. Dès qu'un capteur détecte la présence humaine, les lumières avoisinantes s'allument à un niveau prédéfini. Qu'il s'agisse d'un piéton, d'un cycliste ou d'un conducteur, ils seront entourés d'un cercle de lumière chaud et sécuritaire.
En réglant les bons niveaux d'éclairage en fonction de l'heure et des spécificités de la rue, les villes peuvent parfaitement équilibrer consommation d'énergie et confort des citoyens. Un meilleur éclairage aide également les caméras de sécurité à capturer des images de meilleure qualité, améliorant ainsi la perception de la sécurité des citoyens et éloignant les délinquants.
Comme dans certaines villes, on peut également envisager que les citoyens ou les joggers, puissent, avec leur smartphone, demander l'éclairage (ou l'augmentation de l'éclairage) d'un parcours. Une espèce d'éclairage individualisé à la demande… En outre, les alertes et les notifications automatiques de défaillance permettent d’obtenir une réponse plus rapide lors de la réparation ou du remplacement d’une lampe défaillante, évitant ainsi les rues sombres pendant plus longtemps.
Aujourd'hui, la rénovation du réseau d'éclairage public peut être associée à la mise en place de nouveaux services, plus proches des citoyens.
Arrêter le gaspillage d'argent public
La Commission de la Régulation de l’Energie (CRE), estime de son côté que l’éclairage public est aujourd’hui devenu un "gouffre énergétique" : il représente le premier poste de consommation d’électricité d’une commune. En France, 37 % de la facture d’électricité des collectivités est en effet consacrée en moyenne à l’éclairage. C'est 16 % de leurs consommations toutes énergies confondues…
On estime entre 5 et 7 milliards de kWh par an la consommation de l'éclairage public en France, soit l'équivalent d'une centrale nucléaire. Ceci représente tout de même 100 kWh par habitant par an, deux fois plus qu'en Allemagne. Pour une famille, cela excède la consommation de son frigo-congélateur...
Le réseau d’éclairage public est la porte d’entrée vers la ville intelligente
Des capteurs installés sur les luminaires, fonctionnant en réseau et capables de discerner les mouvements observés dans une rue peuvent distinguer à plusieurs dizaines de mètres un humain d'un chat, une voiture d'une branche d'arbre. Lorsqu'un mouvement est repéré, l'intensité de l'éclairage ne sera donc augmentée que si nécessaire et pour un temps réduit, comme dans certains quartiers de grandes villes comme Toulouse.
Il existe aussi des applications qui vous géolocalisent et vous permettent, en appuyant sur un bouton « ampoule », d'envoyer une demande d'éclairage au dispositif qui gère les lampadaires concernés. La rue où vous vous trouvez sera alors automatiquement éclairée pendant un quart d'heure. Vous vous déplacez ? Les luminaires des rues que vous emprunterez s'allumeront eux aussi automatiquement. Une innovation expérimentée notamment à Lisieux (Calvados), via l'application de la ville "Lisieux & Moi" .