Carnoux citoyenne, écologiste et solidaire

La transparence et la vie municipale vécue par des élus et un collectif citoyen à Carnoux-en-Provence (13470)

Carnoux en Provence fête ses 60 ans

Le compte-rendu de notre envoyé spécial

Carnoux-en-Provence vient donc de fêter en grandes pompes, ses soixante ans d’existence comme commune à part entière. Discours officiels, concours de mouna « comme là-bas », rallye pédestre, jeux et musiques à gogo, méchoui géant, et même « capsule temporelle », rien n’avait été oublié pour rendre ce moment inoubliable. Ce samedi 29 août 2026, Carnoux était, « the place to be » pour tout ce que la droite marseillaise compte de responsables politiques, pour faire honneur au tout nouveau maire de Carnoux, Nicolas Bouland, et à son prédécesseur, désormais désigné sous le terme de « maire honoraire », Jean-Pierre Giorgi.

Les deux étaient d’ailleurs en vedette de La Provence, qui consacrait pas moins de 5 pages à l’évènement, les présentant comme deux clones politiques, qui adoptent un mimétisme parfait, dans leur attitude comme dans leur manière de s’habiller. Au-delà de l’hommage rendu aux pionniers rapatriés du Maroc et d’Algérie entre 1957 et 1962, qui se sont installés dans ce vallon provençal quelque peu abandonné pour y ériger, à force de travail et de persévérance, une véritable ville nouvelle, il s’agissait aussi de glorifier l’action de celui qui a été maire de Carnoux pendant 25 ans.

C’est ce que n’ont pas manqué de faire les deux invités vedettes de la journée, le président de la Région, Renaud Muselier, en pleine campagne pour les prochaines sénatoriales, et surtout la présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal, dont la générosité à l’égard de notre commune est sans limite. Celle-ci a d’ailleurs cru bon d’évoquer les 4 pages consacrées à l’histoire de Carnoux-en-Provence dans le dernier numéro du magazine départemental Accents, histoire de justifier, auprès des contribuables des Bouches-du-Rhône, où passe leur argent qui finance depuis des années les deux tiers des investissements de notre ville. Une singularité qu’elle justifie justement par la ténacité de l’ancien maire pour obtenir une aide financière pour le réaménagement du centre-ville et de reconstruction de la mairie. Un maire qualifié de bâtisseur, mais surtout de gestionnaire, pour qui « un sou est un sou »…

Une qualité relevée aussi, en creux, par le maire de Roquefort-La Bedoule, Marc Del Grazia, qui profite de la cérémonie pour remettre un numéro original du bulletin communal des années 1960, relatant l’édification, sur une partie de cette commune, des premiers lotissements de Carnoux, et de la volonté de ses habitants d’acquérir leur indépendance en s’érigeant en commune propre, ce qu’ils ont finalement obtenu en 1966. Le cadeau est modeste, destiné à dormir pendant 40 ans au sein de la fameuse capsule temporelle scellée en fin de cérémonie, mais le maire de Roquefort s’en excuse en rappelant que sa commune est loin d’être aussi riche que sa voisine…

Il faut dire que cette cérémonie de commémoration, intervenant 10 ans seulement après le jubilé, déjà marqué par des fêtes grandioses, ne fait pas vraiment dans la sobriété. L’écran géant et la débauche de matériel de sonorisation sont dignes des plus grands spectacles de communication politique. Un drone a même été mobilisé pour assurer la couverture médiatique de l’événement ! De quoi en tout cas assurer une véritable mobilisation des Carnussiens pour une belle fête populaire.

Ce fut aussi l’occasion d’apprendre que notre maire, que chacun croyait inspecteur de l’Education Nationale, était en réalité historien. Un historien intarissable sur l’opération immobilière de la CIF dans le vallon de Carnoux à la fin des années 1950, bien qu’étrangement muet sur les malversations de cette dernière, pourtant rappelée avec force et au vu de sa propre expérience familiale par Christian Fenech, le président de Racines Pieds Noirs, qui profite du micro qui lui est tendu pour régler ses comptes politiques avec le Général de Gaulle devant un Renaud Muselier interloqué.

Le discours officiel véhiculé durant cette belle cérémonie laisse entendre que les pieds-noirs en 1962 se sont installés sur une terre vierge alors que le livre de mémoire auquel notre maire en personne avait contribué en 2017, insiste justement sur la mise en valeur ancienne de ce terroir par des générations d’agriculteurs, de bergers et de forestiers. Et depuis les années 1960, de nombreuses familles sans aucun lien avec cet exil post-colonial sont venues s’installer à Carnoux-en-Provence, contribuant elles-aussi à faire évoluer cette ville qui ne se caractérise plus seulement par l’histoire de ses premiers habitants.

C’est incontestablement par la volonté des nouveaux arrivés de 1962 que Carnoux s’est érigée en commune en 1966, pour marquer son indépendance vis-à-vis de ses voisines qui leur avaient pourtant ouvert leur territoire. Une marque de volonté politique qui mérite d’être rappelée, sans oublier cependant que l’on ne construit pas des politiques territoriales en insistant éternellement sur le quant à soi et l’esprit de chapelle. Après 60 ans d’existence, il est peut-être temps de s’ouvrir à une approche basée davantage sur la solidarité intercommunale pour aborder plus efficacement les problématiques d’aménagement du territoire et de développement des services publiques, sans même parler des enjeux climatiques et environnementaux, par nature planétaires.

Marc VINCENT

Les photos de l'évènement

Nicolas Bouland, incontestable vedette de cette cérémonie commémorative des 60 ans de Carnoux (photo © Franck Pennant / La Provence)

Jean-Pierre Giorgi, ancien maire de Carnoux, aux côtés de son successeur et clone politique, Nicolas Bouland (photo © Iounès Disdier / La Provence)

Nicolas Bouland entouré de Martine Vassal et de Renaud Muselier (photo © CPC)

Christian Fenech et Marlène Prévost, interviewés par Nicolas Bouland (photo © CPC)