Le 15 mars 2026 auront lieu les prochaines élections municipales. Selon toute vraisemblance, Jean-Pierre Giorgi, qui fêtera alors ses 80 ans dont 43 ans passés au conseil municipal, maire de la commune depuis maintenant 25 ans, se représentera une nouvelle fois. Son premier adjoint, Nicolas Bouland, qui lui-même siège depuis bientôt un quart de siècle au conseil municipal où ses seules interventions concernent les subventions au club de foot local, est d’ores et déjà désigné pour prendre la relève.
Ainsi va la vie politique à Carnoux où toutes les décisions concernant la gestion de notre commune sont concentrées depuis des années entre les mains d’un seul homme. Les réunions du conseil municipal sont à ses yeux de simples chambres d’enregistrement purement administratives où il n’est jamais question de débattre, ni même d’échanger sur les choix qui concernent l’avenir de notre commune. Toutes les décisions importantes sont prises en dehors du conseil, par le maire seul et ses quelques adjoints. Les autres conseillers en sont simplement tenus informés, mais après coup et sans aucun pouvoir décisionnel.
En 2020, deux autres listes s’étaient présentées et avaient obtenu environ un tiers des suffrages, mais seulement deux élus pour chacune au conseil municipal où la prime majoritaire écrase mécaniquement l’opposition. Les deux représentants de l’autre liste siègent sans avoir jamais ouvert la bouche en bientôt 6 ans de mandature. Seuls les deux 2 élus de la liste Carnoux citoyenne, écologiste et solidaire, expriment leur avis, en séance et sur ce site, et font des propositions pour tenter d’infléchir certaines décisions.
Faut-il dès lors laisser tomber l’affaire et laisser l’équipe en place depuis des décennies poursuivre seule sa gestion de la commune sans la moindre concertation ? Jean-Pierre Giorgi se vante partout d’être un gestionnaire irréprochable, mais qu’en est-il réellement ? Sous sa conduite qui dure maintenant depuis des décennies, notre commune a-t-elle vraiment fait les bons choix, ceux qui tiennent compte des défis climatiques, sociaux, environnementaux auxquels nous sommes confrontés ? Les habitants de Carnoux peuvent-ils ainsi continuer à déléguer les yeux fermés la gestion de leur espace de vie en abandonnant tout droit de regard sur les options qui sont prises ?
Une gestion financière qui interroge
Chaque année, le maire de Carnoux se fait applaudir lors de son discours de présentation des vœux en rappelant que la commune a un taux d’endettement nul mais qu’elle n’augmentera pas ses taux de prélèvement fiscaux et qu’elle continue à investir massivement pour l’entretien voire le renouvellement des équipements publics communaux : un vrai miracle de gestion financière, qui mérite néanmoins quelques explications…
Le fait est que la commune de Carnoux a investi de manière importante depuis plusieurs années, avec notamment la reconstruction complète de la galerie commerciale du centre-ville, la construction de la médiathèque, l’enfouissement quasi-total du réseau électrique aérien, la démolition-reconstruction de l’hôtel de ville et désormais de l’école maternelle, l’extension de la crèche municipale, la réfection complète du stade de foot, sans compter de gros travaux d’amélioration des bâtiments scolaires, du Centre culturel et des gymnases. Pour la seule année 2024, la commune a ainsi dépensé 4,6 millions d’euros en investissement, et même près de 6 millions si on ajoute les « reste à réaliser » inscrits au Compte administratif.
Pour une commune de moins de 7 000 habitants, de tels montants sont relativement élevés, surtout lorsqu’on constate que la section d’investissement affiche régulièrement des excédents colossaux ! En réalité, non seulement la commune n’a pas besoin d’emprunter pour investir, mais elle ne sait plus comment gérer ses excédents budgétaires qui s’accumulent, année après année. Le budget communal pour 2025 affiche ainsi 12 millions de recettes en fonctionnement, alors que la ville dépense, bon an mal an à peine plus de 6 millions, et près de 14 millions en investissement, pour des dépenses prévisionnelles estimées à 7,1 millions seulement, et probablement nettement moins.
La recette d’un tel miracle est très simple : les investissements communaux ne sont pas payés par les Carnussiens mais par les autres contribuables du département ! La municipalité en place s’est fait une spécialité de faire subventionner par le Conseil départemental la quasi-totalité des dépenses communales. Ainsi, pour le seul exercice 2024, ce sont pas moins de 4,8 millions d’euros de subvention qui ont été attribués par le Département à la ville de Carnoux, soit davantage que la totalité des dépenses d’investissement effectivement constatées au compte administratif de cette même année !
L’aide aux communes fait bien partie des compétences du Département qui y a consacré 136 millions d’euros en 2025, malgré son endettement abyssal de 2,4 milliards d’euros. On peut cependant s’interroger sur les raisons qui font qu’une commune comme Carnoux, qui n’abrite que 0,3 % de la population départementale, capte ainsi à elle seule 3,5 % de la manne départementale, soit 10 fois plus que la moyenne ! On peut aussi se demander quelle est la raison qui justifie qu’une collectivité comme le Département s’endette ainsi pour subventionner une commune qui ne sait plus quoi faire de ses excédents budgétaires…
Des choix d’aménagement à reconsidérer
Dans un tel contexte d’excédents budgétaires, la logique voudrait que la ponction fiscale qui pèse sur les Carnussiens soit allégée : à quoi bon percevoir en effet des recettes qui ne pourront de toute façon pas être utilisées et qui ne feront que grossir les reports sur l’exercice suivant ? Certes les taux de prélèvement n’ont pas augmenté depuis des années à Carnoux, mais le montant payé s’accroit chaque année mécaniquement, du fait de la hausse des bases fiscales, ce qui pourrait aisément être corrigé, mais la municipalité actuelle s’y oppose catégoriquement.
Au-delà de cette question de justice fiscale, il est surtout permis de s’interroger sur les choix d’investissements. La commune manque d’espace et les jeunes générations peinent de plus en plus à se loger à des prix abordables. Comme partout en région méditerranéenne, les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus sentir et nécessitent de désimperméabiliser les sols et de végétaliser les zones urbaines pour limiter les îlots de chaleur et éviter les ruissellements pluviaux catastrophiques.
On peut donc s’étonner dans un tel contexte d’avoir choisi de totalement minéraliser le centre-ville en faisant au passage l’impasse sur la gestion des eaux pluviales. Était-il bien raisonnable de reconstruire entièrement l’hôtel de ville (alors que le projet officiel prévoyait une simple extension), pour en faire un gigantesque blockhaus largement inutilisé, sans même prévoir des salles de réunion pour le tissu associatif pourtant très riche de Carnoux, lequel doit encore se contenter de vieux locaux totalement vétustes à l’instar de la salle Tony Garnier qui prend l’eau en cas de pluie ?
N’aurait-il pas été prioritaire de prévoir des logements plutôt que de construire sur Carnoux, sur un des derniers espaces encore disponibles, un collège privé qui sert principalement aux habitants des communes voisines ? Est-il bien judicieux d’avoir investi autant d’argent public pour subventionner un club de foot professionnel et le doter d’installations aussi luxueuses, au détriment d’aménagement sportifs et d’espaces verts ouverts à tous les Carnussiens ? Ne pourrait-on pas envisager de transformer le centre équestre qui sert peu aux habitants de Carnoux, en une ferme pédagogique qui permette par exemple d’alimenter la cantine scolaire en produits sains ? Ne pourrait-on transformer le centre de vacances, loué par la commune à une structure privée, en logements pour les Carnussiens ? On pourrait aussi se poser la question du devenir de l’ancien EHPAD privé, fermé depuis des mois alors qu’il existe sur Carnoux un vrai besoin pour nos aînés de logements adaptés, y compris pour répondre aux situations de perte d’autonomie.
Comment redynamiser la vie citoyenne à Carnoux ?
Bref les projets ne manquent pas pour faire de notre commune un lieu où il fait bon vivre, mais à condition que les investissements faits par la collectivité répondent davantage aux attentes de ses habitants. Tout porte à croire que le temps des subventions sans limite, accordées les yeux fermés par le Département pour des raisons politiques, est désormais révolu et que notre commune va devoir réorienter ses priorités, en bonne entente avec la Métropole qui détient désormais la quasi-totalité des compétences liées à notre vie quotidienne : habitat, transports publics, voirie, éclairage public, gestion des ordures ménagères, de l’eau et de l’assainissement, prévention des risques naturels et on en oublie…
Jamais les Français n’ont été autant éduqués et avertis : il n’est plus possible désormais d’imaginer déléguer à une seule personne la gestion de notre avenir commun dans un monde devenu complexe, en pleine mutation et confrontée à de multiples défis, sociaux, économiques mais aussi environnementaux. Si, comme nous, vous croyez en l’intelligence collective et que vous avez envie de vous investir pour faire bouger Carnoux, dans un esprit de collaboration où chacun peut exprimer son avis et faire entendre sa voix, alors n’hésitez-pas à nous contacter, via ce site. Faîtes-nous connaître vos ambitions et vos rêves pour transformer notre commune en un espace de vie citoyen, plus solidaire, plus vert, plus résilient, mieux intégré dans notre espace métropolitain, et où il fait bon vivre pour toutes les générations.
Selon vos réponses, nous vous proposerons une réunion d’échanges en vue de monter une nouvelle équipe de Carnussiens motivés et engagés pour l’avenir de notre commune. C’est tous ensemble que nous ferons évoluer notre commune !
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Comme une séquence médiatique bien orchestrée, notre maire Jean-Pierre Giorgi, annonçait donc sur son compte Facebook, le 12 novembre dernier, sa décision de ne pas se représenter aux prochaines élections municipales, après avoir siégé 43 ans au Conseil municipal de Carnoux, information immédiatement reprise par le journal La Provence, à qui il avait adressé son texte par mail. Et 10 jours plus tard, ce même journal publiait une interview du dauphin désigné par Jean-Pierre Giorgi pour lui succéder, en l’occurrence son premier adjoint depuis 2020, délégué à la jeunesse et aux sports, Nicolas Bouland, lui-même élu au conseil municipal depuis 25 ans.
Un candidat adoubé et cornaqué par le maire sortant
L’article en question, publié le 22 novembre 2025 par La Provence et sensé acter l’adoubement officiel par Jean-Pierre Giorgi de son jeune poulain, fait irrésistiblement penser au sketch de Raymond Devos : la leçon du petit motard. Le journaliste semble en effet prendre un malin plaisir à insister sur les conseils pratiques prodigués par le maire chevronné à son élève qui aurait encore tout à apprendre… "Ne place pas des mains comme ça, tourne-toi ainsi"...
Et voilà que trois jours plus tard, le nouveau candidat ouvre son site Facebook, intitulé Toujours ensemble pour Carnoux, avec une vidéo de promotion, qui le met en scène de manière très théâtralisée, dans une scénographie entrecoupée de vues aériennes de Carnoux, avec en fond sonore une musique grandiloquente. La vidéo rappelle furieusement le film promotionnel que la municipalité avait fait réaliser en vue de sa projection officielle lors de la cérémonie des vœux du 6 janvier 2023 et certaines des vues sont d’ailleurs indubitablement issues de ce même film, prises par drone par la même société Production Drone 2L.
La réutilisation discutable d'images de la communiccation municipale par la campagne du candidat
Bien évidemment, on n’ira pas chipoter sur les conditions ayant ainsi permis la réutilisation par notre Premier adjoint, dans le cadre de sa propre campagne électorale, d’images ayant été achetées par la commune pour les besoins d’une communication institutionnelle. En revanche, on ne peut s’empêcher de ressentir un certain malaise en visionnant cette vidéo toute à la gloire d’un seul homme qui semble déjà être maître de la commune où il déambule avec l’aisance du propriétaire. Certes il se présente « dans l’intérêt collectif » et « au service des citoyens », ce que personne ne pourrait lui contester, mais sa mise en scène est étonnamment personnalisée, comme si les Carnussiens ne devaient pas élire un conseil municipal de 29 personnes, rassemblées autour d’un projet collectif cohérent, mais se choisir un monarque qui régnera sur la principauté de Carnoux jusqu’à la génération suivante…
Nicolas Bouland assume d’ailleurs totalement cette position de prince héritier, affirmant sans ambages dans sa vidéo promotionnelle : « je porte l’héritage d’un bilan positif et rassurant ». Une candidature qui s’inscrit donc dans la continuité directe de celle du maire sortant, assortie néanmoins d’une légère tendance au culte de la personnalité qui transpire quelque peu dans ce clip de campagne.
Il est certes important que les Carnussiens connaissent leur futur maire et surtout les priorités de son action. Mais en démocratie, la gestion d’une commune est l’œuvre de tous, élus comme citoyens. Le maire joue de fait un rôle important, à la fois représentant local de l’État et à ce titre notamment officier d’état-civil et de police judiciaire, mais aussi agent exécutif de la collectivité territoriale, chargé d’exécuter les décisions qui sont prises en conseil municipal. C’est donc cette dernière assemblée, dans toutes ses composantes, y compris d’opposition lorsqu’elle existe, qui est en charge de prendre, par ses délibérations, les décisions qui engagent la collectivité.
Dans un monde devenu de plus en plus complexe et où tout est interconnecté, dans lequel l’essentiel des compétences municipales qui régissent notre vie au quotidien, ont été transférées à la Métropole, et où la plupart des problématiques relèvent d’une approche multisectorielle et pluri-partenariale, l’élection municipale ne peut se résumer au choix d’un homme, fût-il providentiel, dont le rôle serait simplement d’écouter ses concitoyens et d’intervenir en leur faveur, comme le ferait une super assistante sociale. Il est quand même significatif que durant les 3 mn 36 de cette vidéo profession de foi, le mot métropole ne soit à aucun moment prononcé alors que le maire est statutairement le seul représentant des 7000 Carnussiens auprès du Conseil métropolitain, là où se prennent toutes les décisions qui impactent notre vie quotidienne.
Le besoin d'une démocratie locale de qualité
Le 15 mars prochain, ce n’est pas leur maire que les Carnussiens devront choisir, mais la composition de leur conseil municipal, lequel devra rassembler tous les citoyens de bonne volonté, prêts à mettre en commun leurs idées et leurs compétences au service de l’intérêt général de tous, à Carnoux comme dans notre espace de vie qui dépasse désormais largement les limites territoriales de la commune. C’est ce conseil municipal qui sera ensuite chargé de désigner en son sein, celui qui occupera les fonctions de maire, et c’est ce même conseil qui aura pour mission d’examiner et de gérer les affaires de la commune, dans un esprit d’intelligence collective où chacun peut apporter sa pierre en fonction de sa propre expérience et de ses propres compétences. Dans une démocratie moderne et vivante, il revient même à l’ensemble des citoyens et au-delà des seules échéances électorales, de pouvoir participer à ce processus de décision et de gestion selon le vieil adage bien connu : « seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin »…
M. VINCENT
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30/11/2025


Une communication électorale qui réutilise (sans même les mentionner) des supports de communication réalisés auparavant pour la commune...
La Provence 30/11/2025


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Référence des photographies :
Les vœux du maire de Carnoux à la population, dans la salle de l’Artea le 10 janvier 2025 : Jean-Pierre Giorgi ne s’était pas prononcé sur ces intentions pour le prochain mandat... (photo © Iounès Disdier / La Provence)
Stéphane Ravier et Joëlle Mélin, aux côtés de Jean-Pierre Giorgi et Nicolas Bouland lors de l’inauguration de la nouvelle école maternelle de Carnoux le 14 juin 2025 (photo © Ville de Carnoux / Facebook)
08/10/2025
15/11/2025
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Le 15 mars 2026 auront lieu les prochaines élections municipales. Selon toute vraisemblance, Jean-Pierre Giorgi, qui fêtera alors ses 80 ans dont 43 ans passés au conseil municipal, maire de la commune depuis maintenant 25 ans, se représentera une nouvelle fois. Son premier adjoint, Nicolas Bouland, qui lui-même siège depuis bientôt un quart de siècle au conseil municipal où ses seules interventions concernent les subventions au club de foot local, est d’ores et déjà désigné pour prendre la relève.
Ainsi va la vie politique à Carnoux où toutes les décisions concernant la gestion de notre commune sont concentrées depuis des années entre les mains d’un seul homme. Les réunions du conseil municipal sont à ses yeux de simples chambres d’enregistrement purement administratives où il n’est jamais question de débattre, ni même d’échanger sur les choix qui concernent l’avenir de notre commune. Toutes les décisions importantes sont prises en dehors du conseil, par le maire seul et ses quelques adjoints. Les autres conseillers en sont simplement tenus informés, mais après coup et sans aucun pouvoir décisionnel.
En 2020, deux autres listes s’étaient présentées et avaient obtenu environ un tiers des suffrages, mais seulement deux élus pour chacune au conseil municipal où la prime majoritaire écrase mécaniquement l’opposition. Les deux représentants de l’autre liste siègent sans avoir jamais ouvert la bouche en bientôt 6 ans de mandature. Seuls les deux 2 élus de la liste Carnoux citoyenne, écologiste et solidaire, expriment leur avis, en séance et sur ce site, et font des propositions pour tenter d’infléchir certaines décisions.
Faut-il dès lors laisser tomber l’affaire et laisser l’équipe en place depuis des décennies poursuivre seule sa gestion de la commune sans la moindre concertation ? Jean-Pierre Giorgi se vante partout d’être un gestionnaire irréprochable, mais qu’en est-il réellement ? Sous sa conduite qui dure maintenant depuis des décennies, notre commune a-t-elle vraiment fait les bons choix, ceux qui tiennent compte des défis climatiques, sociaux, environnementaux auxquels nous sommes confrontés ? Les habitants de Carnoux peuvent-ils ainsi continuer à déléguer les yeux fermés la gestion de leur espace de vie en abandonnant tout droit de regard sur les options qui sont prises ?
Une gestion financière qui interroge
Chaque année, le maire de Carnoux se fait applaudir lors de son discours de présentation des vœux en rappelant que la commune a un taux d’endettement nul mais qu’elle n’augmentera pas ses taux de prélèvement fiscaux et qu’elle continue à investir massivement pour l’entretien voire le renouvellement des équipements publics communaux : un vrai miracle de gestion financière, qui mérite néanmoins quelques explications…
Le fait est que la commune de Carnoux a investi de manière importante depuis plusieurs années, avec notamment la reconstruction complète de la galerie commerciale du centre-ville, la construction de la médiathèque, l’enfouissement quasi-total du réseau électrique aérien, la démolition-reconstruction de l’hôtel de ville et désormais de l’école maternelle, l’extension de la crèche municipale, la réfection complète du stade de foot, sans compter de gros travaux d’amélioration des bâtiments scolaires, du Centre culturel et des gymnases. Pour la seule année 2024, la commune a ainsi dépensé 4,6 millions d’euros en investissement, et même près de 6 millions si on ajoute les « reste à réaliser » inscrits au Compte administratif.
Pour une commune de moins de 7 000 habitants, de tels montants sont relativement élevés, surtout lorsqu’on constate que la section d’investissement affiche régulièrement des excédents colossaux ! En réalité, non seulement la commune n’a pas besoin d’emprunter pour investir, mais elle ne sait plus comment gérer ses excédents budgétaires qui s’accumulent, année après année. Le budget communal pour 2025 affiche ainsi 12 millions de recettes en fonctionnement, alors que la ville dépense, bon an mal an à peine plus de 6 millions, et près de 14 millions en investissement, pour des dépenses prévisionnelles estimées à 7,1 millions seulement, et probablement nettement moins.
La recette d’un tel miracle est très simple : les investissements communaux ne sont pas payés par les Carnussiens mais par les autres contribuables du département ! La municipalité en place s’est fait une spécialité de faire subventionner par le Conseil départemental la quasi-totalité des dépenses communales. Ainsi, pour le seul exercice 2024, ce sont pas moins de 4,8 millions d’euros de subvention qui ont été attribués par le Département à la ville de Carnoux, soit davantage que la totalité des dépenses d’investissement effectivement constatées au compte administratif de cette même année !
L’aide aux communes fait bien partie des compétences du Département qui y a consacré 136 millions d’euros en 2025, malgré son endettement abyssal de 2,4 milliards d’euros. On peut cependant s’interroger sur les raisons qui font qu’une commune comme Carnoux, qui n’abrite que 0,3 % de la population départementale, capte ainsi à elle seule 3,5 % de la manne départementale, soit 10 fois plus que la moyenne ! On peut aussi se demander quelle est la raison qui justifie qu’une collectivité comme le Département s’endette ainsi pour subventionner une commune qui ne sait plus quoi faire de ses excédents budgétaires…
Des choix d’aménagement à reconsidérer
Dans un tel contexte d’excédents budgétaires, la logique voudrait que la ponction fiscale qui pèse sur les Carnussiens soit allégée : à quoi bon percevoir en effet des recettes qui ne pourront de toute façon pas être utilisées et qui ne feront que grossir les reports sur l’exercice suivant ? Certes les taux de prélèvement n’ont pas augmenté depuis des années à Carnoux, mais le montant payé s’accroit chaque année mécaniquement, du fait de la hausse des bases fiscales, ce qui pourrait aisément être corrigé, mais la municipalité actuelle s’y oppose catégoriquement.
Au-delà de cette question de justice fiscale, il est surtout permis de s’interroger sur les choix d’investissements. La commune manque d’espace et les jeunes générations peinent de plus en plus à se loger à des prix abordables. Comme partout en région méditerranéenne, les effets du réchauffement climatique se font de plus en plus sentir et nécessitent de désimperméabiliser les sols et de végétaliser les zones urbaines pour limiter les îlots de chaleur et éviter les ruissellements pluviaux catastrophiques.
On peut donc s’étonner dans un tel contexte d’avoir choisi de totalement minéraliser le centre-ville en faisant au passage l’impasse sur la gestion des eaux pluviales. Était-il bien raisonnable de reconstruire entièrement l’hôtel de ville (alors que le projet officiel prévoyait une simple extension), pour en faire un gigantesque blockhaus largement inutilisé, sans même prévoir des salles de réunion pour le tissu associatif pourtant très riche de Carnoux, lequel doit encore se contenter de vieux locaux totalement vétustes à l’instar de la salle Tony Garnier qui prend l’eau en cas de pluie ?
N’aurait-il pas été prioritaire de prévoir des logements plutôt que de construire sur Carnoux, sur un des derniers espaces encore disponibles, un collège privé qui sert principalement aux habitants des communes voisines ? Est-il bien judicieux d’avoir investi autant d’argent public pour subventionner un club de foot professionnel et le doter d’installations aussi luxueuses, au détriment d’aménagement sportifs et d’espaces verts ouverts à tous les Carnussiens ? Ne pourrait-on pas envisager de transformer le centre équestre qui sert peu aux habitants de Carnoux, en une ferme pédagogique qui permette par exemple d’alimenter la cantine scolaire en produits sains ? Ne pourrait-on transformer le centre de vacances, loué par la commune à une structure privée, en logements pour les Carnussiens ? On pourrait aussi se poser la question du devenir de l’ancien EHPAD privé, fermé depuis des mois alors qu’il existe sur Carnoux un vrai besoin pour nos aînés de logements adaptés, y compris pour répondre aux situations de perte d’autonomie.
Comment redynamiser la vie citoyenne à Carnoux ?
Bref les projets ne manquent pas pour faire de notre commune un lieu où il fait bon vivre, mais à condition que les investissements faits par la collectivité répondent davantage aux attentes de ses habitants. Tout porte à croire que le temps des subventions sans limite, accordées les yeux fermés par le Département pour des raisons politiques, est désormais révolu et que notre commune va devoir réorienter ses priorités, en bonne entente avec la Métropole qui détient désormais la quasi-totalité des compétences liées à notre vie quotidienne : habitat, transports publics, voirie, éclairage public, gestion des ordures ménagères, de l’eau et de l’assainissement, prévention des risques naturels et on en oublie…
Jamais les Français n’ont été autant éduqués et avertis : il n’est plus possible désormais d’imaginer déléguer à une seule personne la gestion de notre avenir commun dans un monde devenu complexe, en pleine mutation et confrontée à de multiples défis, sociaux, économiques mais aussi environnementaux. Si, comme nous, vous croyez en l’intelligence collective et que vous avez envie de vous investir pour faire bouger Carnoux, dans un esprit de collaboration où chacun peut exprimer son avis et faire entendre sa voix, alors n’hésitez-pas à nous contacter, via ce site. Faîtes-nous connaître vos ambitions et vos rêves pour transformer notre commune en un espace de vie citoyen, plus solidaire, plus vert, plus résilient, mieux intégré dans notre espace métropolitain, et où il fait bon vivre pour toutes les générations.
Selon vos réponses, nous vous proposerons une réunion d’échanges en vue de monter une nouvelle équipe de Carnussiens motivés et engagés pour l’avenir de notre commune. C’est tous ensemble que nous ferons évoluer notre commune !
Marc Vincent




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